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Les actionnaires approuvent la privatisation d’Indigo

La Presse Canadienne|Mis à jour le 11 juillet 2024

Les actionnaires approuvent la privatisation d’Indigo

Indigo a déclaré qu’elle s’attend à ce que la transaction soit conclue en juin. (Photo: La Presse Canadienne)

Toronto — Les actionnaires d’Indigo Books & Music ont voté pour un accord qui verra le détaillant devenir une société privée.

L’offre de 2,50$ par action émane de Trilogy Retail Holdings et de Trilogy Investments, qui détiennent une participation de 56% dans Indigo et sont la propriété de Gerald Schwartz, le conjoint de la directrice générale d’Indigo, Heather Reisman.

Les sociétés Trilogy proposaient initialement 2,25$ par action, mais ont augmenté leur offre en avril.

«Nous sommes satisfaits du résultat du vote d’aujourd’hui et sommes impatients de poursuivre notre travail sur la stratégie de transformation d’Indigo, a déclaré Mme Reisman dans un communiqué à l’issue du vote. Nous restons profondément engagés envers nos clients et envers toutes nos parties prenantes alors que nous travaillons ensemble pour inspirer la lecture et enrichir la vie des amateurs de livres à travers le pays.»

Madison Downey, porte-parole d’Indigo, a indiqué dans un courriel à La Presse Canadienne que Trilogy ne commenterait pas le vote.

Pour que l’offre soit acceptée, elle nécessitait un vote d’approbation à la majorité des deux tiers des actionnaires d’Indigo et à la majorité simple des actionnaires non liés à Trilogy et à ses sociétés affiliées.

Quelque 95,09% des voix des actionnaires représentés à l’assemblée de lundi étaient en faveur de l’acceptation de l’accord. Un peu moins de 83% des voix des actionnaires non liés à Trilogy et aux sociétés affiliées étaient en faveur de l’offre.

Plusieurs embûches

La privatisation permet à Indigo d’éviter le fardeau des rapports publics alors qu’elle s’efforce de renouer avec la rentabilité et la croissance.

«Le raisonnement est de ne pas être freinée par des responsabilités en matière de rapports publics, car Indigo a traversé beaucoup d’épreuves», soulignait Richard Leblanc, professeur de gouvernance, de droit et d’éthique à l’Université York de Toronto, en février, lorsque les sociétés Trilogy ont fait leur offre.

Trilogy fait désormais face à une lourde charge de travail.

Indigo se remet encore d’une cyberattaque qui a paralysé son site web pendant une longue période, d’une série de pertes trimestrielles et d’une succession de changements marqués par le départ de quatre des dix membres du conseil d’administration l’année dernière. L’un d’eux s’est plaint de mauvais traitements et a évoqué une perte de confiance dans la direction du conseil d’administration.

Mme Reisman, qui s’est retirée au milieu de la tourmente, est revenue quelques mois plus tard pour reprendre les rênes d’Indigo.

Les problèmes se sont manifestés alors que l’inflation et les taux d’intérêt élevés incitent de nombreux Canadiens à réfléchir à deux fois avant d’ouvrir leur portefeuille, en particulier pour les articles discrétionnaires pour lesquels Indigo est connue.

Les dirigeants d’Indigo ont admis s’être approvisionnés de manière excessive et avoir stocké un assortiment de marchandises qui ne répondaient pas aux besoins des clients au cours des dernières semaines précédant Noël.

«Malgré tous leurs efforts, ils ne s’en sortent pas bien», a déclaré Kai Li, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en gouvernance d’entreprise et professeure à l’Université de la Colombie-Britannique, à propos d’Indigo en février.

Un plan de transformation

Pour redresser la situation, Indigo mène depuis au moins novembre un plan de transformation. Elle offre peu de détails, mais Mme Reisman, qui a fondé la chaîne en 1996, a déclaré qu’elle cherchait à «ramener Indigo à la fois à la croissance et à la rentabilité».

Dans les mois qui ont suivi l’annonce du plan, certains magasins ont vu des produits de bien-être et les populaires poupées American Girl retirés de leurs étagères, et Columbus Café & Co. a emménagé dans certains espaces Indigo précédemment détenus par Starbucks. Mme Reisman a également promis dans des infolettres de rétablir ses kiosques de recherche d’inventaire numérique, de programmer davantage d’événements et d’ajouter des sièges dans plus de magasins.

Compte tenu de tous les problèmes auxquels la société Indigo a été confrontée, la privatisation «pourrait être le remaniement dont Indigo a besoin», a affirmé dans un courriel Liza Amlani, directrice et fondatrice du cabinet de conseil Retail Strategy Group.

«Heather [Reisman] a un point de vue très clair et elle a une façon de faire les choses», a déclaré Mme Amlani, ajoutant qu’elle avait les coudées franches avec son mari à la tête de Trilogy.

«Nous ne pouvons qu’espérer que la privatisation d’Indigo réinventera les magasins avec un assortiment de produits pertinent. Le détaillant n’arrive pas à faire les choses correctement et les stocks excédentaires et les faibles marges en sont la preuve», a-t-elle ajouté.

Trilogy n’a pas dit grand-chose sur ses projets pour Indigo au-delà de sa volonté de privatiser la société, mais aucune opposition publique à l’accord ne s’est manifestée, probablement parce que l’argent offert reflétait une prime de 69% sur le cours de l’action de 1,48$ au moment où Trilogy a fait sa première offre.

Le cours de l’action d’Indigo s’établissait à 2,48$ avant le vote de lundi, et il est demeuré relativement inchangé, clôturant à 2,49$.

Le mois dernier, l’offre a obtenu le soutien d’un comité spécial d’examen d’administrateurs indépendants formé par Indigo.

Plus tôt ce mois-ci, Indigo a également déclaré que les principales sociétés indépendantes de conseil en vote, Institutional Shareholder Services et Glass Lewis, avaient recommandé aux actionnaires d’approuver l’accord.

Maintenant qu’elle a obtenu l’approbation des actionnaires, Indigo a déclaré qu’elle demanderait jeudi une ordonnance définitive à la Cour supérieure de justice de l’Ontario et qu’elle s’attendait à ce que l’accord entre en vigueur vendredi. Elle prévoit que ses actions seront radiées de la Bourse de Toronto quelque temps après.

Tara Deschamps, La Presse Canadienne

 

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