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Des opportunités d’affaires en Amérique latine

Jean-François Venne|Édition de Décembre 2020

Des opportunités d’affaires en Amérique latine

Margarita Motta, directrice du développement des marchés extérieurs à Québec International (Photo: courtoisie)

PERSPECTIVES DES MARCHÉS ÉTRANGERSLes exportations du Québec vers l’Amérique latine atteignaient 3,5 milliards de dollars en 2019, soit un peu moins de 4 % du total de ses ventes à l’extérieur du Canada, selon Investissement Québec International (IQI). À lui seul, le Mexique achetait environ la moitié de ces biens et services.

« En raison de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), de sa relative proximité et de son ouverture aux investissements étrangers et aux exportations, le Mexique reste le marché le plus facile à percer pour les entreprises québécoises. Il recèle encore un bon potentiel inexploré », explique Guillaume Jobin, conseiller expert en exportations et internationalisation pour le Mexique à IQI. 

Ce pays est le sixième producteur mondial de véhicules légers et la plupart des grands fabricants y possèdent des usines. « Toutefois, le Mexique ne compte pas assez de fournisseurs de pièces, donc les sous-traitants québécois viennent combler ce manque », précise Guillaume Jobin. D’ici 2023, en raison de l’ACEUM, les automobiles vendues en Amérique du Nord devront présenter 75 % de contenu fabriqué sur ce continent et 70 % de l’aluminium utilisé devra être nord-américain. 

Le Canada est aussi présent au Mexique dans les secteurs aéronautique, minier, des infrastructures et de la construction, ainsi que dans l’industrie 4.0. On y retrouve des entreprises comme Ressorts Liberté, de Montmagny, qui fabrique des ressorts utilisés dans des véhicules, et le manufacturier sherbrookois de pièces de plastique Exo-S.

 

Le Brésil aiguise les appétits

Le Brésil constitue un marché plus complexe, mais la première économie de l’Amérique du Sud fait saliver avec sa population de 200 millions de personnes, dont 62 % ont moins de 29 ans. « Le Canada et le Brésil n’ont pas d’accord commercial et ce pays reste très protectionniste, mais on y trouve tout de même des possibilités pour les produits de niche ou à valeur ajoutée », estime Véronique Perron, conseillère experte en exportations et internationalisation pour le Brésil à IQI.

Le Canada négocie actuellement un accord de libre-échange avec le Marché commun du Sud (Mercosur), dont fait partie le Brésil. 

Être installé au Mexique peut aider à contourner le protectionnisme brésilien. « Une entreprise québécoise présente au Mexique pourra accéder au marché brésilien en raison d’une entente commerciale entre ces deux États, de la même façon qu’une présence au Chili peut ouvrir l’accès au marché chinois », indique Roxana Giraldez, directrice régionale à l’exportation pour l’Estrie à Carrefour Québec International.

Les autorités brésiliennes planchent sur l’intégration des technologies numériques dans plusieurs secteurs comme la santé, la mobilité, l’agroalimentaire et la finance. « Le Brésil présente un gros potentiel pour nos sociétés d’intelligence artificielle et nos fintechs », souligne Véronique Perron. On y trouve également beaucoup de projets d’infrastructures.

Le Groupe Optel y a ouvert un bureau en 2018 et y fournit des services de traçabilité à une division de Coca-Cola. L’entreprise de Québec a aussi des projets en développement dans les secteurs pharmaceutique, des soins de santé et de la bière.

Roxana Giraldez suggère de porter une attention particulière aux pays avec lesquels le Canada partage un accord commercial. Le Chili et le Pérou participent à l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), alors qu’un accord de libre-échange existe depuis 2011 entre la Colombie et le Canada. DBO Experts, de Sherbrooke, offre par exemple ses services de traitement des eaux usées au Pérou et en Colombie. 

 

Trouver des alliés

Pour dénicher les bonnes occasions d’affaires et bien s’installer dans les marchés de l’Amérique latine, il est essentiel de bien les comprendre. La connaissance des lieux peut en effet révéler des opportunités. L’équipementier de Plessisville Carbotech travaille par exemple beaucoup avec les scieries au Chili ; ce pays se situe à la même latitude que le Québec, mais au sud, donc on y trouve le même type de forêts.

Entrer sur les marchés latino-américains exige surtout d’avoir de bons partenaires sur place. « Il y a beaucoup de différences politiques, économiques et culturelles, même entre les régions à l’intérieur d’un seul pays, donc il faut vraiment employer un représentant issu de l’endroit où l’on souhaite s’implanter », affirme Margarita Motta, directrice du développement des marchés extérieurs à Québec International.

Le contexte pandémique invite par ailleurs à réévaluer la situation de ces marchés. « La crise sanitaire a fait surgir beaucoup de besoins en matière d’appareils médicaux et de télémédecine, illustre Margarita Motta. À l’inverse, plusieurs projets d’infrastructures ont été mis sur la glace, car ces États dépensent beaucoup pour gérer la pandémie. Mieux vaut donc bien analyser la situation et les risques actuels. »

 

***

Commerce international de marchandises, Canada et trois principaux marchés d’Amérique latine (septembre 2020, données désaisonnalisées)

 

  • Mexique : 614,8 millions de dollars
  • Brésil : 132,1 millions de dollars
  • Pérou : 56 millions de dollars

 

Source : Statistique Canada

 

 

Balance commerciale Canada et trois principaux marchés d’Amérique latine (septembre 2020, données désaisonnalisées)

 

  • Mexique : – 860 millions de dollars
  • Brésil : – 277,8 millions de dollars
  • Pérou : – 197,3 millions de dollars

 

Source : Statistique Canada

 

Population des cinq plus populeux pays d’Amérique latine

 

  • Brésil : 209,47 millions
  • Mexique : 126,19 millions
  • Colombie : 49,65 millions
  • Argentine : 44,49 millions
  • Pérou : 31,99 millions

 

Source : Banque mondiale


PIB par habitant, 2019 (en $ US constant)

 

  • Mexique : 9 863,1
  • Brésil : 8 717,2
  • Pérou : 6 977,7
  • Colombie : 6 432,4
  • Chili : 14 896,5
  • Canada : 46 194,7

 

Source : Banque mondiale

 

Des opportunités d’affaires en Amérique latine

Jean-François Venne
Les exportations du Québec vers l’Amérique latine atteignaient 3,5 milliards de dollars en 2019, soit un peu moins de 4 % du total de ses ventes à l’extérieur du Canada, selon Investissement Québec International (IQI). À lui seul, le Mexique achetait environ la moitié de ces biens et services.
« En raison de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), de sa relative proximité et de son ouverture aux investissements étrangers et aux exportations, le Mexique reste le marché le plus facile à percer pour les entreprises québécoises. Il recèle encore un bon potentiel inexploré », explique Guillaume Jobin, conseiller expert en exportations et internationalisation pour le Mexique à IQI. 
Ce pays est le sixième producteur mondial de véhicules légers et la plupart des grands fabricants y possèdent des usines. « Toutefois, le Mexique ne compte pas assez de fournisseurs de pièces, donc les sous-traitants québécois viennent combler ce manque », précise Guillaume Jobin. D’ici 2023, en raison de l’ACEUM, les automobiles vendues en Amérique du Nord devront présenter 75 % de contenu fabriqué sur ce continent et 70 % de l’aluminium utilisé devra être nord-américain. 
Le Canada est aussi présent au Mexique dans les secteurs aéronautique, minier, des infrastructures et de la construction, ainsi que dans l’industrie 4.0. On y retrouve des entreprises comme Ressorts Liberté, de Montmagny, qui fabrique des ressorts utilisés dans des véhicules, et le manufacturier sherbrookois de pièces de plastique Exo-S.
Le Brésil aiguise les appétits
Le Brésil constitue un marché plus complexe, mais la première économie de l’Amérique du Sud fait saliver avec sa population de 200 millions de personnes, dont 62 % ont moins de 29 ans. « Le Canada et le Brésil n’ont pas d’accord commercial et ce pays reste très protectionniste, mais on y trouve tout de même des possibilités pour les produits de niche ou à valeur ajoutée », estime Véronique Perron, conseillère experte en exportations et internationalisation pour le Brésil à IQI. 
Le Canada négocie actuellement un accord de libre-échange avec le Marché commun du Sud (Mercosur), dont fait partie le Brésil. 
Être installé au Mexique peut aider à contourner le protectionnisme brésilien. « Une entreprise québécoise présente au Mexique pourra accéder au marché brésilien en raison d’une entente commerciale entre ces deux États, de la même façon qu’une présence au Chili peut ouvrir l’accès au marché chinois », indique Roxana Giraldez, directrice régionale à l’exportation pour l’Estrie à Carrefour Québec International.
Les autorités brésiliennes planchent sur l’intégration des technologies numériques dans plusieurs secteurs comme la santé, la mobilité, l’agroalimentaire et la finance. « Le Brésil présente un gros potentiel pour nos sociétés d’intelligence artificielle et nos fintechs », souligne Véronique Perron. On y trouve également beaucoup de projets d’infrastructures.
Le Groupe Optel y a ouvert un bureau en 2018 et y fournit des services de traçabilité à une division de Coca-Cola. L’entreprise de Québec a aussi des projets en développement dans les secteurs pharmaceutique, des soins de santé et de la bière.
Roxana Giraldez suggère de porter une attention particulière aux pays avec lesquels le Canada partage un accord commercial. Le Chili et le Pérou participent à l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), alors qu’un accord de libre-échange existe depuis 2011 entre la Colombie et le Canada. DBO Experts, de Sherbrooke, offre par exemple ses services de traitement des eaux usées au Pérou et en Colombie. 
Trouver des alliés
Pour dénicher les bonnes occasions d’affaires et bien s’installer dans les marchés de l’Amérique latine, il est essentiel de bien les comprendre. La connaissance des lieux peut en effet révéler des opportunités. L’équipementier de Plessisville Carbotech travaille par exemple beaucoup avec les scieries au Chili ; ce pays se situe à la même latitude que le Québec, mais au sud, donc on y trouve le même type de forêts.
Entrer sur les marchés latino-américains exige surtout d’avoir de bons partenaires sur place. « Il y a beaucoup de différences politiques, économiques et culturelles, même entre les régions à l’intérieur d’un seul pays, donc il faut vraiment employer un représentant issu de l’endroit où l’on souhaite s’implanter », affirme Margarita Motta, directrice du développement des marchés extérieurs à Québec International.
Le contexte pandémique invite par ailleurs à réévaluer la situation de ces marchés. « La crise sanitaire a fait surgir beaucoup de besoins en matière d’appareils médicaux et de télémédecine, illustre Margarita Motta. À l’inverse, plusieurs projets d’infrastructures ont été mis sur la glace, car ces États dépensent beaucoup pour gérer la pandémie. Mieux vaut donc bien analyser la situation et les risques actuels. »
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Chiffres
Commerce international de marchandises, Canada et trois principaux marchés d’Amérique latine (septembre 2020, données désaisonnalisées)
Mexique : 614,8 millions de dollars
Brésil : 132,1 millions de dollars
Pérou : 56 millions de dollars
Source : Statistique Canada
Balance commerciale Canada et trois principaux marchés d’Amérique latine (septembre 2020, données désaisonnalisées)
Mexique : – 860 millions de dollars
Brésil : – 277,8 millions de dollars
Pérou : – 197,3 millions de dollars
Source : Statistique Canada
Population des cinq plus populeux pays d’Amérique latine
Brésil : 209,47 millions
Mexique : 126,19 millions
Colombie : 49,65 millions
Argentine : 44,49 millions
Pérou : 31,99 millions
Source : Banque mondiale
PIB par habitant, 2019 (en $ US constant)
Mexique : 9 863,1
Brésil : 8 717,2
Pérou : 6 977,7
Colombie : 6 432,4
Chili : 14 896,5
Canada : 46 194,7
Source : Banque mondiale