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Dix leçons de la crise du coronavirus

Raymond Kerzérho|Édition de mai 2020

INVESTISSEUR ACADÉMIE. Impossible de savoir si le marché baissier est déjà terminé, ...

INVESTISSEUR ACADÉMIE. Impossible de savoir si le marché baissier est déjà terminé, mais il est quasiment certain que nous vivrons d’autres moments semblables dans notre vie d’investisseur. Pour obtenir le rendement supérieur des actions à long terme, il faut accepter, à l’occasion, d’endurer les crises. Je vous propose quelques observations pour parvenir à faire les bonnes choses durant ces épisodes.

1. Les crises nous induisent un sentiment d’insécurité

La chute précipitée des valeurs nous donne l’impression qu’elles vont complètement disparaître. Mais la nature même des crises est d’être temporaire.

2. Il est futile de jeter l’éponge

Liquider ses actions en temps de crise est une stratégie perdante parce que vous essayez de vendre vos actions lorsque personne n’en veut. Ça prend une bonne dose d’optimisme pour conserver ses actions pendant les crises. Les pessimistes devraient acheter des dépôts à terme et épargner davantage pour compenser leurs rendements moindres à long terme.

3. Les FNB ont obtenu un sérieux vote de confiance

Les FNB canadiens ont attiré 3 milliards de dollars (G$) d’argent frais en mars 2020, soit une entrée de 4 G$ pour les FNB d’actions et une sortie de 1 G$ pour les FNB de titres à revenu fixe.

4. Les FNB d’obligations peuvent souffrir de la crise

Le 18 mars a été une journée noire pour les obligations individuelles et les FNB d’obligations. Cependant, les investisseurs qui ont conservé leurs parts n’ont pas perdu d’argent. Ceux qui ont vendu pendant la panique se sont fait dévaliser.

5. L’occasion est bonne pour réaliser des pertes fiscales

La crise a entraîné des pertes dans votre portefeuille ? En réalisant ces pertes, vous aurez le choix de les appliquer contre vos gains des trois années fiscales précédentes, contre des gains de l’année courante, ou encore de les garder en réserve pour les appliquer contre des gains futurs.

6. On ne connaît pas la durée d’un marché baissier

Le marché baissier le plus court depuis 1970 a duré seulement trois mois pour les actions américaines et internationales et quatre mois pour les actions canadiennes. Si on ne replonge pas bientôt, cette fois-ci s’arrêterait à seulement deux mois. La majorité des marchés baissiers ont duré entre 6 et 18 mois, alors attention aux conclusions hâtives.

7. Ce que nous savons importe peu

Tous les faits évoqués par les analystes sont du domaine public et n’auront aucun effet sur l’évolution future des cours. Seules les informations encore inconnues auront une incidence.

8. La diversification a très bien fonctionné

Autant la diversification par les obligations que par les actions américaines et internationales ont temporisé les pertes au pire de la crise en mars.

9. La chasse au trésor n’est pas rentable

La recherche de titres gagnants pour tirer avantage de la crise représente du temps et de l’énergie mal investis. Vous courez bien sûr la chance de frapper un coup de circuit, mais vous risquez surtout de vous planter. Votre succès financier repose sur votre capacité d’épargner, de gérer la répartition d’actifs, de diversifier votre portefeuille et de contrôler les frais. Les FNB de marché total sont les outils adaptés pour cela.

10. Profitez de la baisse pour rééquilibrer

Le plongeon boursier a probablement fait diminuer la proportion d’actions en dessous de la cible que vous vous êtes fixé. Il est avantageux de profiter des marchés baissiers pour revendre un peu d’obligations et racheter des actions afin de ramener le portefeuille à la cible.

 

EXPERT INVITÉ
Raymond Kerzérho CFA, MBA, est le directeur de la recherche de PWL Capital. Il enseigne également la finance à l’Université McGill.