Logo - Les Affaires
Logo - Les Affaires

L’importance des PAE

Anne-Marie Tremblay|Édition de janvier 2021

L’importance des PAE

«Les programme d’aide aux employés jouent un rôle de prévention, mais il y a encore de l’éducation à faire au Québec», selon Paméla Bérubé présidente, PB Dimension RH. (Photo: Gaëlle Vuillaume)

SANTÉ DES EMPLOYÉS. Quand est venu le moment de renouveler ses assurances collectives cet automne, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a décidé d’ajouter un programme d’aide aux employés (PAE) pour son équipe d’une vingtaine de personnes. Un ajout qui allait de soi dans le contexte, a estimé l’organisation qui représente plus de 70 000 employeurs.

«La pandémie génère beaucoup d’anxiété, si bien que les situations personnelles peuvent être amplifiées dans le contexte, surtout avec le télétravail», relate Karl Blackburn, président et chef de la direction du CPQ. «Nous avons opté pour une couverture incluant tous les membres de la famille, touchant la santé mentale et physique et permettant d’obtenir des conseils juridiques ou financiers», décrit Karl Blackburn. Une façon de s’assurer de répondre aux besoins de tous, puisque certaines mesures qui ne semblent pas pertinentes pour les uns peuvent être très importantes pour les autres, note-t-il.

Sans compter que les services offerts par l’intermédiaire des PAE sont de plus en plus variés. C’est d’ailleurs la philosophie qui guide Morneau Shepell, le «plus grand fournisseur de PAE au monde». «Un bon programme, c’est celui qui va être capable de stimuler le plus de participation possible», mentionne sa vice-présidente aux ventes et au succès client, Lisa Angeloni. Elle rapporte que les PAE dits «traditionnels»n’atteignent que de 10 % à 15 % de la main-d’oeuvre. «Ce sont des chiffres corrects, mais cela signifie qu’entre 85 % et 90 % des travailleurs ne sont pas touchés par les mesures et, parfois, ne savent même pas qu’un tel programme existe.»

C’est pourquoi Morneau Shepell a fait l’acquisition, en 2018, de l’entreprise LifeWorks — nommée SynerVie en français —, rappelle Lisa Angeloni. «Nous proposons maintenant un guichet unique, une plateforme accessible par cellulaire ou sur le Web.»Surtout, les travailleurs peuvent se rendre sur cette plateforme dédiée au bien-être pour effectuer différentes actions, comme souligner le bon coup d’un collègue ou obtenir des réductions pour un abonnement à la salle de sport. Une façon pour Morneau Shepell d’attirer des employés qui, autrement, ne s’y seraient jamais branchés.

Au détour, les utilisateurs y retrouvent la marche à suivre pour contacter les différents conseillers disponibles dans le cadre de leur PAE. Dans certaines entreprises, cette méthode a permis de toucher jusqu’à 90 % de la main-d’oeuvre, selon Lisa Angeloni.

 

Des services flexibles

La flexibilité constitue un autre élément-clé d’un bon programme, assure pour sa part Paméla Bérubé, conseillère en ressources humaines agréée (CRHA) et présidente de PB Dimension RH. Cette firme a décidé cet automne de lancer son propre PAE afin de répondre à une demande grandissante. «Nous voulions démocratiser le service, puisque notre offre n’est pas liée à un programme d’assurances collectives. Nous offrons une formule par bloc d’heures, plutôt qu’un montant payé par employé», indique Paméla Bérubé. Son équipe a été surprise de constater que la majorité des demandes proviennent de grandes entreprises, alors que PB Dimension RH travaille surtout avec des PME.

«Les PAE jouent un rôle de prévention, mais il y a encore de l’éducation à faire au Québec, fait valoir la spécialiste. Parmi les clients qui nous consultaient pour des conseils RH, seulement un sur cinq offrait un tel service.»

Elle observe que le fait d’avoir accès rapidement à un spécialiste pèse dans la balance, à un moment où les demandes d’aide, surtout psychologique, ont explosé au privé comme au public.

La CRHA rappelle que ce genre de programme doit s’accompagner de formations auprès des gestionnaires, afin qu’ils soient sensibilisés aux questions de santé mentale. Généralement, un bon PAE proposera aussi des rapports confidentiels qui permettent à l’employeur de savoir quels services ont été utilisés.