L'administration Biden veut injecter des fonds liés au CHIPS Act avant le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Le département américain du Commerce a annoncé mercredi qu’il verserait 1,5 milliard de dollars américains d’aide à l’entreprise GlobalFoundries (GF) dans le cadre du CHIPS Act, alors que le président Joe Biden cherche à consolider sa politique avant le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Les fonds débloqués doivent participer au financement de trois usines de semi-conducteurs que le groupe souhaite développer ou relancer dans les États de New York et du Vermont (est), pour un investissement total de 13 milliards de dollars américains.
Un investissement qui devrait permettre de créer 9000 emplois dans la construction et 1000 emplois sur les sites, a précisé le département du Commerce.
Le gouvernement américain justifie cette aide par le fait qu’«à l’heure actuelle, il n’existe que quatre entreprises non-chinoises disposant de capacités de fonderie équivalentes à GF, qui est la seule à être américaine».
«En investissant dans les capacités de production domestiques de GF, nous aidons à sécuriser la fourniture stable de semi-conducteurs américains que l’on retrouve dans tous les produits, de l’électronique grand public aux système avancés d’armement», a insisté la secrétaire au Commerce, Gina Raimondo, citée dans le communiqué.
Au total, le gouvernement américain a d’ores et déjà accordé 10 milliards de dollars américains dans le cadre du CHIPS Act, sur les 36 milliards prévus par la loi pour le financement de ce type de projet.
Des dizaines de milliards en subventions
Voté et signé en 2022, le CHIPS Act a pour ambition de renforcer l’industrie du semi-conducteur aux États-Unis, en y allouant jusqu’à 52 milliards de dollars américains, après avoir fait le constat que la délocalisation, en partie en Asie, comportait des risques en matière d’approvisionnement, mis en lumière par la pandémie de COVID-19.
Mais le gouvernement américain a multiplié les annonces depuis les élections, avec notamment 6,6 milliards de dollars américains accordés au groupe taïwanais TSMC le 15 novembre, espérant engager les fonds avant la transition et le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Le président élu a en effet critiqué le CHIPS Act, préférant parier sur la hausse des droits de douane pour inciter les entreprises à rapatrier tout ou une partie de leur production aux États-Unis.
Les fonds prévus par le CHIPS Act doivent permettre de soutenir la recherche et développement en la matière, alors qu’une bonne part de la chaîne d’approvisionnement actuelle des semi-conducteurs, de leur fabrication à leur emballage, est concentrée dans une poignée de pays asiatiques, au premier rang desquels la Chine, Taïwan et la Corée du Sud.
Alors qu’ils produisaient encore plus de 40% des semi-conducteurs au niveau mondial il y a plusieurs décennies, les États-Unis représentent désormais moins de 10% de la production mondiale, selon la Maison-Blanche, et une part quasi nulle des semi-conducteurs de haute précision.