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Ukraine: Ottawa va interdire toute importation de pétrole russe

AFP et La Presse Canadienne|Mis à jour le 16 avril 2024

Ukraine: Ottawa va interdire toute importation de pétrole russe

Dans la matinée, l'armée russe a revendiqué la «suprématie aérienne» sur toute l'Ukraine. (Photo: Getty Images)

Ce texte regroupe tous les derniers développements à propos de l’invasion de la Russie en Ukraine. Pour retrouver toute notre couverture sur le conflit, c’est ici.

16h00 | Le premier ministre Justin Trudeau annonce que le Canada fournira plus d’armement à l’Ukraine en plus d’imposer de nouvelles sanctions économiques à Moscou.

 «Nous annonçons que nous allons fournir (…) des systèmes d’armes portables antichars et de nouvelles munitions», a-t-il déclaré en anglais, en ouverture d’un point de presse lundi.

Il a indiqué que les Forces armées canadiennes allaient fournir du soutien aérien pour transporter du matériel et de l’aide humanitaire.

Le premier ministre a aussi soutenu que toute importation de pétrole brut en provenance de la Russie, « une industrie dont le président Poutine et ses oligarques ont grandement profité », sera interdite. «Ce secteur représente plus d’un tiers des recettes du budget fédéral russe et, même si le Canada n’en a importé que des quantités très limitées ces dernières années, cette mesure envoie un message puissant», a-t-il fait valoir.

Plus tôt lundi, la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, avait signalé qu’elle fournirait plus de détails sur d’éventuelles sanctions additionnelles contre Moscou d’ici la fin de cette semaine.

«Nous regardons toutes les options. (…) Nous allons agir», a-t-elle dit au cours d’un point de presse virtuel, lundi, après avoir pris part à une rencontre du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

Elle a tenu ces propos après qu’un journaliste lui a demandé ce que le Canada considère faire afin de geler les actifs canadiens de membres de l’élite russe tirant profit de plusieurs entreprises.

«Il y a plusieurs choses que l’on fait et, à chaque jour, on affine notre stratégie. À chaque jour, on en fait plus», a-t-elle aussi déclaré en ce qui a trait à l’ensemble des sanctions actuelles et futures.

Quant au fait que Vladimir Poutine a placé en état d’alerte les forces nucléaires de son pays, Mélanie Joly a vilipendé le président russe.

«L’idée même d’utiliser des armes nucléaires en Ukraine est une idée qui est non seulement injustifiable, mais qui relève de la folie», a lancé la ministre.

L’ambassadeur et représentant permanent du Canada auprès des Nations unies à New York, Bob Rae, a déversé ses propres critiques en témoignant devant le comité parlementaire des affaires étrangères.

 «Je pense que c’est profondément irrationnel», a-t-il tranché.

Il a souligné que la Russie avait cautionné, en janvier, une déclaration des Nations unies statuant qu’il n’y a aucune justification pour l’utilisation d’armes nucléaires.

 «On ne parle pas d’il y a des années. On parle d’il y a six ou sept semaines», a-t-il insisté.

Bob Rae a aussi affirmé qu’il estime que la menace brandie par Vladimir Poutine est une «tactique» pour convaincre l’Occident de reculer, ce à quoi il ne faut absolument pas fléchir.

Par ailleurs, l’ambassadeur a mentionné qu’il n’a pas senti de «réserves» de la part de la ministre de la Défense nationale, Anita Anand, en ce qui a trait à la possibilité que le Canada fournisse des armes létales à l’Ukraine.

 «Je crois que c’est une question de voir quels sont les besoins de l’Ukraine et ce que font nos collègues (les) pays partenaires pour faire face au problème. Et on est en train de voir tout ce qu’on peut faire pour ajouter à l’impact de notre assistance envers l’Ukraine», a-t-il dit.

14h30 | Reconnaissance de la Crimée comme étant un territoire russe, démilitarisation et «dénazification» de l’Ukraine: Vladimir Poutine a posé ses conditions lundi à l’arrêt de l’invasion russe en Ukraine, tandis qu’avaient lieu de premiers pourparlers russo-ukrainiens et que d’intenses combats se déroulaient à Kharkiv, la deuxième ville du pays. 

Peu après, les délégations russe et ukrainienne, qui négociaient depuis 6h, heure du Québec, à la frontière ukraino-bélarusse pour la première fois depuis le début de l’attaque russe jeudi, se séparaient pour consultations.

On ignorait si cette interruption était liée aux déclarations du président russe. Mais les deux parties ont convenu de se retrouver «bientôt» pour un deuxième round.  

Vladimir Poutine a adressé ces exigences au cours d’un échange avec son homologue français Emmanuel Macron, le président en exercice de l’Union européenne.  

Un règlement du conflit «n’est possible que si les intérêts sécuritaires légitimes de la Russie sont pris en compte sans condition», a répété le Kremlin après leur conversation, ajoutant espérer que les négociations «mèneraient aux résultats espérés».

Emmanuel Macron n’a pas dans l’immédiat commenté ces exigences. L’Élysée a simplement fait savoir que le président français avait demandé à M. Poutine l’arrêt des frappes contre les civils et la sécurisation des axes routiers en Ukraine. Et assuré que ce dernier avait «confirmé sa volonté de s’engager». 

 

14h15 | Kiev, la priorité des autorités ukrainiennes

Au cinquième jour de la guerre en Ukraine, Kiev reste selon les autorités ukrainiennes « l’objectif principal » des forces russes, qui ont aussi bombardé violemment la deuxième ville du pays, Kharkiv, tuant onze civils, selon les autorités régionales.

Voici un point de la situation, bâti essentiellement à partir des déclarations ukrainiennes, la Russie communiquant très peu sur son offensive.

Kiev: la capitale ukrainienne reste «l’objectif principal» des troupes russes, selon la Défense ukrainienne. D’après les forces ukrainiennes, l’armée russe a tenté dans la nuit de dimanche à lundi de prendre d’assaut la capitale, mais les attaques ont été repoussées, notamment dans la localité de Slobojanski, au sud-est de Kiev.

Au moins onze personnes ont été tuées dans des bombardements russes sur des quartiers résidentiels de Kharkiv, a annoncé le gouverneur régional lundi, disant craindre des «dizaines de morts». Selon une source militaire occidentale, Kharkiv est le théâtre de violents combats et «les Russes tapent très fort et de manière de plus en plus indiscriminée». 

L’armée russe a assuré de son côté que les civils pouvaient quitter «librement» Kiev et accusé le pouvoir ukrainien de les utiliser comme « boucliers humains », laissant planer le spectre d’un assaut de grande envergure.

Odessa: la bataille fait rage dans la partie sud-ouest de la mer Noire, autour des ports d’Odessa, d’Ochakiv et de Chornomorsk, selon le communiqué de l’armée ukrainienne.

Marioupol: selon Kiev, la Russie n’abandonne pas la tentative d’un débarquement naval dans la zone de Marioupol, sur la mer d’Azov. La prise de Marioupol permettrait à l’armée russe d’assurer une continuité territoriale jusqu’à la Crimée.

«Les troupes ukrainiennes vont avoir des soucis à se faire, car elles vont avoir face à elles les séparatistes du Donbass (Est) et derrière elles les Russes qui arrivent de Crimée», explique Olivier Kempf, chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS).

Toujours selon Kiev, Moscou a lancé jusqu’à trente missiles et quatre frappes aériennes dimanche, et au total environ 180 missiles Iskander depuis le début de l’offensive.

Moscou revendique pour sa part la «suprématie aérienne» sur toute l’Ukraine après la destruction des systèmes ukrainiens Buk M-1, S-300 et de cinq avions de combat.

La Russie dit également avoir encerclé la ville de Kherson (sud, 290 000 habitants) et pris le contrôle de la ville de Berdiansk, sur la mer d’Azov (110 000 habitants). L’armée russe affirme également contrôler «entièrement la zone entourant la centrale nucléaire de Zaporijié», dans le sud-est.

Pertes militaires: le président ukrainien Volodymir Zelenski a affirmé lundi que 4 500 soldats russes avaient été tués depuis le début de l’offensive. Moscou a reconnu pour la première fois dimanche enregistrer des pertes humaines au cours de l’invasion, mais sans donner de chiffres.

Pertes civiles: depuis le début de l’offensive, plus de 350 civils ukrainiens ont été tués, dont 14 enfants, selon Kiev.

«La campagne militaire russe devient de plus en plus brutale » selon le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell, qui a fait état de « nombreuses victimes civiles».

 

 

Critiques d’oligarques russes

Le fondateur du géant de l’aluminium Rusal Oleg Deripaska a réclamé la fin du «capitalisme d’État» en Russie, disant attendre de la part du gouvernement «des clarifications» sur la politique économique face à la crise provoquée par les sanctions occidentales.

Un autre oligarque, Oleg Tinkov, fondateur de la banque Tinkoff, a jugé «impensable et inacceptable» que «des innocents meurent chaque jour» en Ukraine. 

Dimanche, c’est le milliardaire russe Mikhaïl Fridman qui a dénoncé la guerre en Ukraine dans une lettre aux employés de son fonds LetterOne.

L’un des hommes les plus riches de Russie, l’oligarque Roman Abramovitch, a lui «été contacté par l’Ukraine pour aider à trouver une solution et s’évertue à aider depuis», a indiqué à l’AFP sa porte-parole Rola Brentlin.

 

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9h11 |Des pourparlers au jour cinq

Kiev — Des délégations russe et ukrainienne ont entamé lundi au Bélarus de premiers pourparlers au cinquième jour de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui a poussé plus d’un demi-million d’Ukrainiens à fuir leur pays.

Ces premières négociations, qui ont débuté vers 6h00, heure du Québec, interviennent alors que les forces de Vladimir Poutine rencontrent une vive résistance de l’armée ukrainienne, et que les sanctions d’une ampleur inédite adoptées par les Occidentaux font vaciller l’économie russe.

Selon la présidence ukrainienne, Kiev comptait demander lors des discussions — organisées dans une résidence du président bélarusse Alexandre Loukachenko, à la frontière ukraino-bélarusse — «un cessez-le-feu immédiat et le retrait des troupes (russes) du territoire ukrainien».

Le président Zelensky, qui ne participe pas aux négociations, la délégation ukrainienne étant conduite par le ministre de la Défense Oleksiï Reznikov, a appelé depuis Kiev les soldats russes à «déposer les armes».

Il a également demandé à l’Union européenne (UE) une intégration «sans délai» de l’Ukraine. «Je suis sûr que c’est juste. Je suis sûr que c’est possible», a-t-il lancé.

Le président du Conseil européen Charles Michel a cependant souligné qu’il y avait «différentes opinions» sur l’adhésion de l’Ukraine parmi les Vingt-Sept, semblant écarter toute décision rapide.

Le chef de la délégation russe, le conseiller du Kremlin Vladimir Medinski, a de son côté indiqué vouloir «trouver un accord» avec Kiev qui soit «dans l’intérêt des deux parties».

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a refusé d’énoncer les exigences russes, soulignant que les négociations devaient se faire «dans le silence».

L’agence de presse d’État bélarusse Belta a diffusé des images de la salle des négociations, avec une longue table couverte d’une nappe blanche, une dizaine de chaises de chaque côté, et les drapeaux des trois pays dans le fond.  

«Vous pouvez vous sentir en sécurité totale, c’est notre responsabilité sacrée», a déclaré aux délégations en les accueillant le chef de la diplomatie bélarusse, Vladimir Makeï.

Le gouvernement du Bélarus, où sont stationnées d’importantes forces russes, a fait ratifier dimanche par référendum des amendements à sa Constitution ouvrant la porte à une nucléarisation du pays. 

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a jugé cette évolution «très dangereuse», car «cela signifie que la Russie va mettre des armes nucléaires au Bélarus».

 

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Pas de victoire majeure

Sur le terrain en Ukraine, Kiev a indiqué lundi que l’armée russe avait tenté dans la nuit de prendre d’assaut la capitale, mais que les attaques avaient été repoussées.

La ville était hérissée de barricades de fortune, tandis que des panneaux électroniques publics prévenaient les Russes qu’ils seraient accueillis «par des balles».

«Les Russes savent très bien que notre terre leur brûle sous les pieds», a affirmé à l’AFP Pavlo Krasnopruov, prêt au combat, acteur dans la vie civile.

L’armée russe a fait savoir que les civils pouvaient quitter «librement» Kiev et accusé le pouvoir ukrainien de les utiliser comme «boucliers humains», laissant planer le spectre d’un assaut de grande envergure.

Les Ukrainiens affirment eux que les forces russes ont subi de lourdes pertes au nord-ouest de l’Ukraine, et ont été arrêtées au sud-est de Kiev, mais poursuivent leur offensive sur d’autres localités, notamment Marioupol, important port du sud-est.

 

500 000 réfugiés

Le flot de réfugiés fuyant l’Ukraine ne cesse de grossir.

Depuis jeudi, plus de 500 000 réfugiés ont fui vers les pays voisins, a indiqué lundi le Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés. L’UE a dit s’attendre à plus de sept millions de personnes déplacées.

Une majorité se rend en Pologne. Mais la Roumanie, la Slovaquie, et la Hongrie — pays tous membres de l’OTAN — sont aussi concernées.

Connu pour ses positions anti-migrants, le premier ministre hongrois Viktor Orban a assoupli les restrictions aux demandes d’asile, et les Hongrois ont accouru à la frontière ukrainienne pour proposer bols de goulash, offres d’hébergement et réconfort.

De longues files de voitures patientent aux points de passage frontaliers avec la Pologne.

Depuis Moscou également, les départs d’Occidentaux devraient s’accélérer. Les États-Unis ont autorisé lundi le départ volontaire du personnel non essentiel de son ambassade, et l’Italie et la Belgique recommandaient à leurs ressortissants en Russie de quitter le pays.

Le bilan de cinq jours de conflit reste incertain. L’Ukraine a fait état lundi de 352 civils tués et 2.040 blessés depuis jeudi. Elle affirme que plusieurs milliers de soldats russes ont péri. 

Les Russes, eux, n’ont donné aucun chiffre. 

L’ONU a indiqué lundi avoir enregistré 102 civils tués et 304 blessés, mais a averti que les chiffres réels étaient «considérablement» plus élevés.

Les 193 membres de l’Assemblée générale des Nations unies devaient se réunir lundi en «session extraordinaire d’urgence» pour débattre du conflit.

La France devait soumettre une résolution sur l’aide humanitaire à l’Ukraine au Conseil de sécurité. La Russie y détient un droit de veto qui exclut toute condamnation formelle de l’offensiv

 

Menace nucléaire pour «impressionner»

En l’absence jusqu’ici de victoire majeure de l’armée russe, Vladimir Poutine a franchi un nouveau cap dans la menace d’élargir le conflit, déjà le plus grave en Europe depuis 1945: il a déclaré dimanche avoir mis ses forces nucléaires en «état spécial d’alerte» face aux «déclarations belliqueuses de l’OTAN» et aux sanctions «illégitimes» imposées à la Russie.

Le ministre de la Défense britannique, Ben Wallace, a estimé que la menace nucléaire de Vladimir Poutine avait pour but d’«impressionner», mais ne constituait pas un «changement significatif» de la stratégie russe en matière de dissuasion.

Ses propos font écho à ceux du premier ministre Boris Johnson qui a déclaré dimanche que la menace agitée par M. Poutine était une «distraction de la réalité de ce qui se passe en Ukraine», où les forces russes rencontrent «plus de résistance, que ce que s’imaginait le Kremlin».

 

À la page suivante, des assauts repoussés par l’armeé ukrainienne

7h29 | Assauts repoussés sur Kiev

Sur le terrain, l’armée ukrainienne a affirmé avoir repoussé plusieurs tentatives des forces russes de prendre d’assaut les abords de Kiev. La situation dans la capitale, visée dans la nuit par trois tirs de missiles russes, dont un a été détruit, est «sous contrôle», ont assuré les autorités ukrainiennes au cinquième jour de l’offensive russe.

De son côté, l’armée russe a assuré que les civils pouvaient quitter «librement» Kiev, tout en accusant le pouvoir ukrainien de les utiliser comme «boucliers humains».

 

«Suprématie aérienne» de la Russie

L’armée russe a revendiqué la «suprématie aérienne» sur toute l’Ukraine après la destruction des systèmes ukrainiens Buk M-1, S-300 et de cinq avions de combat.

Elle a également affirmé avoir encerclé la ville de Kherson (sud, 290 000 habitants) et pris le contrôle de la ville de Berdiansk, sur la mer d’Azov (110 000 habitants).

L’armée russe a aussi assuré que Moscou «contrôle entièrement la zone entourant la centrale nucléaire de Zaporijié», dans le sud-est.

 

Effondrement du rouble

Le rouble a battu lundi des records historiques de faiblesse face au dollar et à l’euro à la Bourse de Moscou, et les échanges se sont arrêtés, car les cours ont atteint quasi instantanément les limites fixées.

 

Marchés mondiaux plombés

Les marchés mondiaux étaient à nouveau largement dans le rouge lundi matin, l’indice européen de référence l’Eurostoxx 50 lâchant 3,18%. 

Les Occidentaux ont pris de lourdes nouvelles sanctions financières contre Moscou: notamment la décision d’exclure de nombreuses banques russes de la plateforme interbancaire Swift, rouage essentiel de la finance mondiale.