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Analyse de la rédaction

Un avenir radieux pour les plus audacieux

Marine Thomas|Édition de la mi‑octobre 2023

Un avenir radieux pour les plus audacieux

Au-delà du volet des affaires, ouvrir un bureau à l’international est aussi et avant tout une aventure humaine. (Photo: 123RF)

BILLET. «Un petit pas pour l’Homme, un grand pas pour l’entreprise.  Ainsi pourrait-on résumer la grande aventure des organisations ayant décidé de partir à la conquête de nouveaux marchés à l’étranger. À l’image des grands explorateurs les ayant précédés, ces entrepreneurs devront relever de nombreux défis avant de pouvoir fouler la «terra incognita» qu’ils ont tant imaginée.

Au-delà du volet des affaires, ouvrir un bureau à l’international est aussi et avant tout une aventure humaine. Cela en dit autant sur le tempérament du dirigeant que sur le degré de maturité de l’entreprise: sa capacité à prendre des risques et à rêver grand pour réécrire son histoire. Voire, pour les plus ambitieux, à marquer l’histoire, comme le déclare Philippe Lamarre, d’Urbania.

Les clés du succès ressortent clairement au fil des témoignages des dirigeants de PME ayant osé se lancer: la capacité d’adaptation, l’ouverture et la persévérance. Et surtout, l’art de bien s’entourer. Ce sont les personnes responsables qui seront au cœur de la réussite ou de l’échec d’un projet.

S’implanter dans un nouveau pays, ce n’est pas la même chose qu’exporter. On ne fait pas qu’offrir son produit ou son service, on adapte celui-ci en conséquence. L’entreprise en sort elle aussi transformée, dans sa culture organisationnelle et son intelligence culturelle. Certes, il n’est pas toujours nécessaire de partir à l’étranger pour se réinventer, comme le prouve Norda Stelo. Même à domicile, se confronter à des idées nouvelles permet de sortir des sentiers battus. Mais dans un monde polarisé, quoi de plus extraordinaire que de surmonter sa peur de l’inconnu pour aller à la rencontre de l’autre? Avec tout ce que cela suppose d’acceptation des différences, de capacité au dialogue et de transformation de sa façon de penser. 

Malgré tout, nul ne peut nier que les bouleversements sur l’échiquier mondial complexifient les ambitions internationales. Les dirigeants d’entreprises canadiens considèrent même les facteurs géopolitiques comme étant leur deuxième plus grande préoccupation, juste après les technologies perturbatrices, selon le sondage «Perspective des chefs de la direction» de KPMG paru ce mois-ci. Ces craintes pourraient-elles mettre fin à des projets d’expansion à l’étranger? 

En 2019, The Economist osait le terme slowbalisation. C’était avant la pandémie, le bouleversement des chaînes d’approvisionnement et la guerre en Ukraine. Pour le moment, le rapatriement manufacturier au pays ou dans des « pays amis » (le friend-shoring) reste marginal en Amérique du Nord. Cette recherche de résilience et de sécurité pourrait toutefois se renforcer avec le nouveau conflit armé qui fait voler en éclats la fragile stabilité dans la région du Moyen-Orient et son risque de propagation.

Il est trop tôt pour savoir si nous assistons réellement à ce que certains économistes qualifient de «démondialisation». À ce stade, il n’y a pas lieu de paniquer. Malgré le ralentissement, une solide stratégie de diversification et une bonne propension aux risques devraient vous permettre de croître à l’étranger, sans remettre en péril votre pérennité. C’est même dans ces moments-là que se trouvent les meilleures occasions. Après tout, comme nous le rappelle Virgile: «La fortune sourit aux audacieux.»

 

Marine Thomas
Rédactrice en chef, Les Affaires
marine.thomas@groupecontex.ca
@marinethomas